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⚡ Guide d’utilisation du DAE · 👥 Pour les citoyens et les employeurs · 📋 Obligations en établissement recevant du public · 🎓 Initiation possible en entreprise
Utiliser un défibrillateur : l’essentiel en un coup d’œil
Un défibrillateur automatisé externe, ou DAE, est un appareil portable conçu pour être utilisé par n’importe qui. Il guide l’utilisateur à la voix du début à la fin. Voici les points à retenir avant d’entrer dans le détail.
| Qui peut l’utiliser | Toute personne, même non médecin et même sans formation, depuis le décret du 4 mai 2007 |
| Quand l’utiliser | Sur une personne inconsciente qui ne respire pas ou dont la respiration est anormale, après avoir alerté |
| Avant tout | Appeler le 15 ou le 112, faire chercher le défibrillateur, commencer les compressions thoraciques |
| Risque d’erreur | L’appareil analyse le rythme et ne délivre un choc que si celui-ci est justifié. Il ne peut pas en délivrer un par erreur |
| Enfants | Utiliser les électrodes pédiatriques si l’appareil en dispose, sinon les électrodes adulte en les positionnant autrement |
| Côté employeur | Équipement obligatoire dans de nombreux établissements recevant du public, avec signalisation, maintenance et déclaration en base nationale |
Un appareil conçu pour le premier témoin
Le législateur a délibérément levé tout obstacle à l’usage du défibrillateur, parce que la personne présente au moment de l’arrêt cardiaque est presque toujours quelqu’un qui passait par là. Ni diplôme, ni autorisation, ni appel préalable à un médecin : l’appareil a été pensé pour être ouvert par un collègue, un client ou un passant, et pour le guider à la voix jusqu’au bout.

À quoi sert un défibrillateur, et qui peut l’utiliser
Lors d’un arrêt cardiaque, le cœur cesse le plus souvent de pomper parce que son activité électrique est devenue anarchique. Le muscle s’agite sans produire de contraction efficace. Un défibrillateur ne redémarre pas un cœur arrêté : il délivre un choc électrique qui interrompt cette activité désordonnée, dans l’espoir que le cœur reprenne ensuite un rythme organisé.
C’est pour cela que le temps compte autant. Sans défibrillation, les chances de survie diminuent très rapidement à chaque minute qui passe. C’est aussi pour cela que les compressions thoraciques doivent commencer immédiatement et continuer pendant qu’on va chercher l’appareil : elles maintiennent une circulation minimale en attendant le choc.
Quant à savoir qui peut utiliser un défibrillateur, la réponse est simple et elle est réglementaire. Le décret du 4 mai 2007 autorise toute personne, même non médecin, à utiliser un défibrillateur automatisé externe. Aucune formation n’est exigée, aucune autorisation préalable non plus. Une initiation au défibrillateur reste pourtant le moyen le plus court de transformer ce droit en réflexe. La loi a délibérément levé tout obstacle, parce que le premier témoin est presque toujours quelqu’un qui passait par là.
La crainte de mal faire est le principal obstacle, et elle n’a pas lieu d’être.
Un défibrillateur automatisé externe analyse lui-même le rythme cardiaque de la victime. S’il n’est pas justifié, aucun choc n’est délivré, quoi que vous fassiez. Il n’existe donc pas de situation où poser un défibrillateur aggraverait l’état d’une personne inconsciente qui ne respire pas. C’est le premier point que nous levons en formation DAE, avant même de parler technique. Le seul vrai risque, dans cette situation, est de ne rien faire.
Quand utiliser un défibrillateur, et quand ne pas l’utiliser
Le critère est double et il ne demande aucune compétence médicale. On utilise un défibrillateur sur une personne qui ne répond pas quand on lui parle et qu’on la stimule, et qui ne respire pas ou dont la respiration est manifestement anormale, par exemple bruyante, irrégulière ou réduite à quelques gasps.
Quand utiliser un défibrillateur
Victime inconsciente, qui ne réagit à aucune stimulation, et qui ne respire pas normalement. Peu importe l’âge, le lieu ou la cause supposée.
Quand ne pas utiliser un défibrillateur
Sur une personne consciente, ou qui respire normalement. Un malaise, une douleur thoracique ou une perte de connaissance brève avec respiration conservée ne relèvent pas du défibrillateur.
Dans le doute
On pose l’appareil. Il analysera et refusera le choc si celui-ci n’est pas indiqué. L’opérateur du 15 vous guidera par téléphone pendant toute la manœuvre.
Un défibrillateur dans vos locaux que personne n’a jamais ouvert ?
C’est le cas le plus fréquent. Quelques heures suffisent à lever l’hésitation et à rendre l’appareil réellement utilisable par vos équipes.
Comment se servir d’un défibrillateur : les cinq étapes
Avant toute chose, faites alerter le 15 ou le 112 et commencer les compressions thoraciques. Le défibrillateur intervient en parallèle, pas à la place : il s’inscrit dans la chaîne des gestes de premiers secours, entre l’alerte et l’arrivée des secours.
Étape 1
Ouvrir l’appareil
La plupart des modèles se mettent en marche dès l’ouverture du couvercle ; sur d’autres, il faut appuyer sur le bouton vert. À partir de là, l’appareil parle et donne les consignes une par une. Écoutez-le, il suffit de faire ce qu’il dit.
Étape 2
Dénuder la poitrine
Ouvrez ou coupez les vêtements. La peau doit être nue et sèche : si elle est mouillée, essuyez-la rapidement. Retirez tout patch médicamenteux collé sur le thorax.
Étape 3
Coller les électrodes
Le schéma est dessiné sur les électrodes elles-mêmes : une sous la clavicule droite, l’autre sur le côté gauche du thorax, sous l’aisselle. Appuyez fermement pour qu’elles adhèrent bien à la peau.
Étape 4
Laisser analyser
L’appareil annonce qu’il analyse le rythme. Personne ne doit toucher la victime pendant ce temps, dites-le à voix haute autour de vous. C’est l’analyse qui décide, pas vous.
Étape 5
Délivrer le choc, puis reprendre
Si un choc est indiqué, écartez-vous et appuyez sur le bouton lorsque l’appareil le demande. Certains modèles le délivrent seuls. Reprenez ensuite immédiatement les compressions, sans retirer les électrodes, jusqu’à la prochaine analyse ou l’arrivée des secours.

Lire n’est pas faire
Vous venez de lire les cinq étapes et elles paraissent simples. Elles le sont. Ce qui ne l’est pas, c’est de les exécuter devant une personne inconsciente, avec des mains qui tremblent et des collègues qui regardent. La différence entre quelqu’un qui a manipulé un appareil une fois et quelqu’un qui a seulement lu une page se mesure en dizaines de secondes, et ces secondes comptent.
Comment placer un défibrillateur : la pose des électrodes
Savoir comment brancher un défibrillateur se résume à coller deux électrodes autocollantes, reliées d’avance à l’appareil : il n’y a aucun câble à raccorder. La position standard chez l’adulte est dite antéro-latérale : une électrode sous la clavicule droite, à droite du sternum, l’autre sur le côté gauche du thorax, quelques centimètres sous l’aisselle. Le dessin figure sur chaque électrode, il n’y a rien à mémoriser.
Quelques situations demandent une adaptation, et l’appareil ne vous en avertira pas.
| Peau mouillée | Essuyer rapidement le thorax avant de coller les électrodes, sinon l’adhérence et la conduction sont mauvaises |
| Pilosité importante | Appuyer fermement d’abord. Si l’électrode ne colle pas, raser la zone avec le rasoir souvent fourni dans le kit |
| Pacemaker ou boîtier implanté | Une bosse est visible sous la peau, souvent sous la clavicule. Décaler l’électrode de quelques centimètres pour ne pas la coller dessus |
| Patch médicamenteux | Le retirer et essuyer la peau avant de poser l’électrode à cet endroit |
| Enfant ou nourrisson | Utiliser les électrodes pédiatriques si l’appareil en possède. À défaut, les électrodes adulte sont utilisables, en évitant qu’elles se touchent, au besoin une devant et une dans le dos |
| Surface métallique ou mouillée | Déplacer la victime de quelques mètres si elle est dans une flaque ou sur une plaque métallique, avant de délivrer le choc |

Automatique ou semi-automatique, quelle différence
Un défibrillateur entièrement automatique délivre le choc de lui-même après avoir prévenu de s’écarter. Un semi-automatique, ou DSA, demande d’appuyer sur un bouton clignotant. La distinction inquiète souvent, à tort : dans les deux cas l’analyse et la décision appartiennent à la machine, et le bouton ne devient actif que si le choc est indiqué. Vous ne pouvez pas déclencher un choc que l’appareil n’a pas validé.
Comment fonctionne un défibrillateur
Comprendre comment marche un défibrillateur tient en une phrase : les électrodes ne servent pas seulement à délivrer le choc, elles servent d’abord à écouter. Elles captent l’activité électrique du cœur et la transmettent à l’appareil, qui la compare à des profils enregistrés. S’il reconnaît un rythme dit choquable, une fibrillation ventriculaire ou une tachycardie ventriculaire sans pouls, il se charge et annonce qu’un choc est indiqué. Dans le cas contraire, il annonce que le choc n’est pas recommandé et demande de reprendre les compressions.
Cette analyse est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas vous tromper. La décision n’est pas la vôtre, elle est celle de l’appareil, et il ne délivre jamais de choc à une personne dont le rythme ne le justifie pas.
Deux familles d’appareils coexistent, et la différence est mince pour l’utilisateur. Le défibrillateur entièrement automatique délivre le choc de lui-même après avoir prévenu de s’écarter. Le semi-automatique demande d’appuyer sur un bouton clignotant. Dans les deux cas, l’analyse et la décision restent les mêmes.
Côté employeur : obligation, signalisation et maintenance
Ce que le grand public ignore souvent, c’est qu’un défibrillateur installé dans un établissement s’accompagne d’obligations qui ne s’arrêtent pas à l’achat de l’appareil.
Depuis le décret du 19 décembre 2018, de nombreux établissements recevant du public doivent s’équiper d’un défibrillateur automatisé externe, selon un calendrier échelonné par catégorie d’établissement. L’appareil doit être visible et signalé par une signalétique normalisée, et sa localisation doit être déclarée dans la base de données nationale des défibrillateurs, celle qui alimente les applications de géolocalisation utilisées par les secours et les témoins.
Vient ensuite la maintenance, qui est la partie la plus souvent négligée. Les électrodes ont une date de péremption, la batterie aussi, et l’appareil réalise des autotests dont le résultat s’affiche par un témoin lumineux ou sonore. Un défibrillateur dont le voyant clignote en rouge depuis six mois est un défibrillateur qui ne servira pas. Dans une entreprise, ce contrôle revient naturellement aux salariés formés, souvent les sauveteurs secouristes du travail désignés.
Comment savoir si votre défibrillateur fonctionne
Trois vérifications suffisent, et elles ne demandent aucune compétence technique. Le témoin d’état, vert ou clignotant selon les modèles, doit indiquer que l’autotest est passé. La date de péremption des électrodes, imprimée sur leur emballage, doit être à jour. Et la batterie doit être dans sa période de validité. Désignez quelqu’un pour ce contrôle et inscrivez-le dans vos routines : c’est le geste de prévention le moins coûteux qui existe.
Vos équipes sauraient-elles s’en servir demain matin ?
Un appareil conforme et signalé ne suffit pas si personne n’ose l’ouvrir. Dites-nous combien de salariés sont concernés et sur quels sites.
Une formation DAE tient sur une demi-journée
Il ne s’agit pas d’un parcours certifiant, mais d’une mise en main : ouvrir l’appareil, coller les électrodes, écouter les consignes, s’écarter, appuyer. Répété deux ou trois fois, le geste cesse d’être une inconnue. Nous intervenons dans vos locaux, et sur votre propre modèle si vous le souhaitez, ce qui lève la dernière hésitation, celle qui consiste à découvrir un boîtier qu’on n’a jamais vu ouvert.

Se former à l’utilisation du défibrillateur
Aucune formation n’est exigée pour utiliser un défibrillateur, et c’est heureux. Mais entre le droit de s’en servir et le fait de s’en servir vraiment, il y a un pas que seule la pratique fait franchir. Trois parcours permettent de le faire, du plus court au plus complet.
Le format le plus court
Quelques heures pour manipuler l’appareil et lever l’hésitation, sur votre propre matériel si vous le souhaitez.
Les gestes essentiels
Initiation aux gestes de premiers secours
Alerter, protéger, agir : le défibrillateur replacé dans la chaîne complète des premiers gestes.
Le parcours certifiant
14 heures et un certificat de modèle national, pour des salariés désignés comme secouristes.
Voir l’ensemble
Toutes nos formations aux premiers secours
Du module d’initiation au parcours certifiant, selon les publics et le temps disponible.
Questions fréquentes sur l’utilisation d’un défibrillateur
Puis-je aggraver l’état de la victime avec un défibrillateur ?
Non. L’appareil analyse le rythme cardiaque et ne délivre un choc que s’il est indiqué. Sur une personne dont le rythme ne le justifie pas, aucun choc n’est délivré. Poser un défibrillateur sur une personne inconsciente qui ne respire pas est toujours la bonne décision.
Faut-il être formé pour utiliser un défibrillateur ?
Non, le décret du 4 mai 2007 autorise toute personne, même non médecin, à utiliser un défibrillateur automatisé externe. Une initiation reste toutefois très utile : elle ne donne pas un droit supplémentaire, elle donne l’assurance de savoir quoi faire sans réfléchir.
Peut-on utiliser un défibrillateur sur un enfant ?
Oui. Utilisez les électrodes pédiatriques si l’appareil en dispose. À défaut, les électrodes adulte peuvent être employées, en veillant à ce qu’elles ne se touchent pas, quitte à en placer une sur la poitrine et l’autre dans le dos.
Que faire si la victime porte un pacemaker ?
Le boîtier forme une bosse visible sous la peau, généralement sous la clavicule. Il suffit de décaler l’électrode de quelques centimètres pour ne pas la coller directement dessus. La présence d’un pacemaker n’est pas une raison de renoncer à utiliser l’appareil.
Comment savoir si un défibrillateur fonctionne ?
Regardez le témoin d’état de l’appareil, qui indique si l’autotest est passé, puis vérifiez les dates de péremption des électrodes et de la batterie. Ces trois contrôles suffisent et ne demandent aucune compétence technique.
Mon établissement doit-il être équipé d’un défibrillateur ?
De nombreux établissements recevant du public sont concernés par l’obligation d’équipement issue du décret du 19 décembre 2018, selon un calendrier échelonné par catégorie. S’y ajoutent la signalisation de l’appareil et sa déclaration dans la base de données nationale. Vérifiez la catégorie de votre établissement pour connaître votre situation exacte.
Un appareil que personne n’ose ouvrir ne sert à rien
Rendez votre défibrillateur réellement utilisable
Nos formateurs interviennent dans vos locaux, sur votre propre appareil si vous le souhaitez, pour que chacun l’ait manipulé au moins une fois. Dites-nous combien de salariés sont concernés et sur quels sites.
